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 Sobre a Deficiência Visual

Cécité et Précocité Intellectuelle

Enfant aveugle
 

Série Les Aveugles - Les Poissons - Sophie Calle, 1986

 

Définition
Dépistage
Maturité intellectuelle
Dyssynchronie intelligence-psychomotricité
Dyssynchronie intelligence-affectivité
Dyssynchronie sociale
Mode d’apprentissage
Sources

 

  • Pour que ce qui est un atout ne devienne pas un handicap supplémentaire.
  • Pour que la scolarisation d’un enfant à la fois aveugle et intellectuellement précoce ne soit pas le cumul de 2 parcours du combattant.
  • Parce que les enfants intellectuellement précoces sont heureux et réussissent fort bien dès lors que leur milieu affectif, scolaire et social y contribue par une attitude ouverte, bienveillante et attentive.

    » Devant l’absence d’études sur le sujet, voici des pistes de réflexions, élaborées par un groupe constitué de parents d’enfants concernés, d’adultes à la fois intellectuellement précoces et aveugles, de psychologues et de spécialistes de chacun des deux domaines. Ces réflexions sont destinées à être approfondies, à susciter réactions, témoignages et idées de solutions.

 

Définition

La précocité intellectuelle n’est pas seulement une affaire de performances, mais elle est surtout un état d’esprit, une manière particulière d’interroger le monde ainsi qu’une façon spécifique de se positionner dans la société.

 

Terminologie

Le terme « précoce » est le moins mauvais du point de vue de ses connotations. Cependant, il sous-entend qu’à un moment donné l’enfant est en avance mais qu’un jour les autres le rattraperont, ce qui est faux. Il sera toujours en avance sur les autres dans les domaines intellectuels : apprentissage, compréhension, intuition, etc… (on dit aussi surdoués, ou à haut potentiel) se caractérisent par une dyssynchronie : les différents paramètres de leur développement ne progressent pas de façon équivalente. Ils ne sont en avance que sur le plan intellectuel mais pas sur le plan psychomoteur ou affectif.

Les spécialistes : enseignants, pédagogues, chercheurs, psychologues, etc… ont mis en évidences les éléments constitutifs de la personnalité des enfants précoces, de leur comportement, et ont défini les réponses à y apporter pour leur permettre de s’épanouir sereinement, et d’exploiter leur potentiel, c’est à dire les aider à être eux-mêmes. Il s’agit de déceler la précocité de l’enfant, d’accepter sa "différence" et la faire accepter par son entourage, puis de l’aider en le positionnant dans des situations adaptées.

Les enfants à la fois intellectuellement précoces et aveugles

La situation se complique…

  • La cécité marque elle aussi le développement psychomoteur et affectif.
  • Le circuit scolaire, la spécificité du braille, les moyens et supports disponibles… sont différents et rendent difficile l’application des solutions préconisées pour les enfants voyants.
  • Le seul article trouvé sur le sujet vient d’une université américaine, et concerne la scolarité cliquez ici pour le lire à article.doc


L’approche de cette université est d’apporter des aménagements spécifiques à la cécité à l’intérieur d’un programme conçu pour les élèves intellectuellement précoces, et non l’inverse.

 

Dépistage

Le dépistage s’effectue d’abord par les observations cliniques, confirmées par un examen psychologique : entretiens avec les parents et l’enfant, batterie de tests psychométriques... Le bilan, loin de se limiter à une série de résultats chiffrés assorti d’un Q.I., présente la signification des résultats et les conseils qui en découlent. Identifier la précocité permet de donner du sens à certains comportements apparemment inadaptés et de prévenir ainsi la survenue d’éventuelles difficultés affectives ou cognitives chez ces enfants atypiques.

 

L’observation

Elle est difficile, par manque de norme, qu’est-ce qu’un enfant aveugle « standard » ?

On peut mal interpréter les signes et les attribuer à la cécité : langage élaboré = normal, la communication ne peut passer que par là, excellente mémoire = normal pour un aveugle, pose des questions sans arrêt = normal, il ne voit pas, il a besoin de descriptions, calcule tôt et bien mentalement = normal, il est dans son monde, compter ça l’occupe, etc…

Un enfant intellectuellement précoce est suffisamment différent d’un enfant dans la norme pour qu’on puisse lui diagnostiquer à tord des troubles psychopathologiques, a fortiori s’il est aveugle et que son histoire médicale est complexe.

 

Le mythe du gavage

= gavage intellectuel que feraient subir des parents trop ambitieux à leur enfant qui préférerait jouer, ou qui répondrait à une demande de précocité qu’il aurait cru sentir chez ses parents, il ne voudrait pas les décevoir.

En présence d’un handicap, les parents sont perçus comme fragiles, n’ayant pas fait le deuil de l’enfant parfait, prêts à le « surstimuler » pour compenser, d’autant plus qu’il est fréquent qu’un des parents cesse son travail afin de se rendre disponible pour l’enfant.

L’enfant, lui, ayant déjà « déçu » une première fois ces parents, tenterait de son côté de ne pas les décevoir une seconde fois.

 

Le passage de tests

On hésite d’avantage à faire passer des tests de QI aux enfants handicapés, la tendance étant au refus des évaluations, de « l’étiquetage ».

Il existe toujours dans le parcours de l’enfant (hospitalier, scolaire…) un, souvent plusieurs psychologues. On croit donc avoir tout exploré de l’enfant, mais tous les psychologues ne sont pas formés à la précocité.

Les tests ne sont pas adaptés à la cécité, pas seulement à cause des supports qui sont visuels, mais aussi parce qu’un enfant aveugle n’a pas pu avoir les mêmes expériences, se forger les mêmes connaissances que les enfants voyants sur qui sont étalonnés les tests.

 

Le bilan des résultats

Les enfants handicapés ont un dossier médical dans lequel on classe leurs différents bilans. Le bilan issu des tests de QI risque d’être classé « secret médical » avec les autres.

Le profil psychologique résultant des tests est fait pour donner des orientations adéquates et doit donc être transmis aux personnes qui participent à l’éducation de l’enfant, à commencer par la famille. L’orientation d’un enfant handicapé étant définie par des commissions, il est nécessaire que ces commissions aient connaissance des bilans et puissent y avoir accès.

 

L’information après le test

L’enfant sait déjà qu’il est différent de par sa cécité, et peut croire que toutes ses différences viennent de là.

Il est d’autant plus important que le psychologue lui fournisse une explication claire de sa précocité intellectuelle et de ce qu’elle implique.

 

Maturité intellectuelle

Les capacités mesurées font état d’un âge mental, sur le plan intellectuel, en avance d’une ou plusieurs années sur l’âge légal de l’enfant. Ce qui s’exprime en terme d’aptitudes, mais aussi en termes de besoins, de rythme d’apprentissage, de centre d’intérêts, etc…

Le manque de temps et le souci du développement global

L’enfant aveugle a déjà tellement à apprendre dans tous les domaines, son emploi du temps doit inclure des cours de locomotion, de dactylo, d’AVJ, etc… De plus, le besoin de descriptions orales rend déjà les explications longues : quand trouver le temps pour l’approfondissement des matières intellectuelles ?

Pour les enfants voyants, le principal objectif de l’école est l’atteinte d’un certain niveau scolaire, alors que pour les enfants aveugles l’école vise un développement global harmonieux. Dans ce contexte, s’appuyer sur la maturité affective ou motrice de l’enfant pour se prononcer sur sa maturité intellectuelle trouve une argumentation.

 

La précocité scolaire

Si l’enfant intellectuellement précoce vit affectivement et physiquement au rythme de son âge réel, son âge mental entraîne le besoin d’une précocité scolaire. Les solutions préconisées sont : entrée en CP avant l’âge requis, saut de classe, approfondissement, enrichissement autour du programme scolaire.

Dans la mesure où l’enfant handicapé bénéficie d’un projet individuel personnalisé, il est en théorie plus facile d’aménager sa scolarité en tenant compte de ses appétits intellectuels.

S’agissant d’un enfant handicapé, l’avance scolaire peut être plus ou moins bien acceptée des camarades et de leur famille : mieux acceptée parce que l’enfant est de toutes façons différent et non comparable aux autres, ou au contraire moins bien parce qu’inconsciemment, on associe handicap visuel et intellectuel.

Il est important d’être clair sur les raisons des décisions prises, et de démentir tout rapport avec la cécité.

L’obstacle de la surprotection, l’ambition limitée

Dans un souci de protection, la famille peut s’opposer à une accélération scolaire par crainte que l’enfant ne « grandisse trop vite ».

Le handicap entraîne une revue à la baisse des ambitions qu’on nourrit pour l’enfant, une envie de ralentissement, de « laisser du temps au temps »…

 

L’âge

La volonté que l’enfant se rapproche le plus possible de la norme des enfants voyants malgré sa cécité renforce la tentation d’obliger l’enfant à fonctionner uniquement par rapport à sa date de naissance, l’âge étant la marque la plus évidente de la norme.

Les enfants intellectuellement précoces préfèrent la compagnie d’enfants plus âgés qu’eux, voire d’adultes, ce qui fait que souvent, ils s’isolent ne sachant à qui parler et restent dans leur monde. Le souci d’« intégration », omniprésent concernant un enfant aveugle, incite à le mettre avec des enfants de la norme, c’est à dire de son âge.

 

Le besoin d’activités complexes

La complexité peut-elle être naturellement présente par le simple fait que tout est plus difficile quand on ne voit pas ?

Les enfants intellectuellement précoces ont une vaste gamme de champs d’intérêt, souvent plusieurs passe-temps. La cécité empêche la pratique de certaines activités. La frustration est-elle accrue ou au contraire diminuée par la réduction du champ d’exploration, puisque de toutes façons il est impossible de tout faire ?

 

Le sens de l’humour

Très développé chez les enfants intellectuellement précoces, il est une arme particulière, à utiliser comme bouclier contre les attaques des copains, comme moyen de mise à distance des problèmes, comme autodérision par rapport à la cécité.

 

Dyssynchronie intelligence-psychomotricité

Proche ou même souvent en-dessous de l’âge légal, ce qui se traduit par une gaucherie des gestes, une maladresse, un manque d’intérêt ou d’attention pour ces « contingences ». La « tête » va plus vite que le corps et en particulier la main que les enfants précoces considèrent comme rudimentaire parce qu’incapable de suivre le rythme de la pensée.

 

L’importance de la psychomotricité

Un enfant aveugle ne peut pas être autonome sans avoir de bonnes compétences psychomotrices. La latéralisation, la motricité fine, le toucher efficace, l’organisation dans l’espace, l’ordre, etc… sont fondamentaux. Le fait que ces éléments soient pris en compte très précocement (avec des cours de psychomotricité, locomotion, ergothérapie…) est une chance, et la garantie de ne pas focaliser sur le seul développement intellectuel.

Les enfants handicapés sont suivis de près, on tente de remédier au mieux à toutes leurs faiblesses, avec une inquiétude quant à leur avenir, et donc on a tendance à focaliser sur ce qui ne va pas. Les performances dans les domaines où la psychomotricité joue un grand rôle risquent alors de devenir un critère de jugement scolaire.

Travailler activement les compétences psychomotrices n’implique pas qu’on se base sur les résultats dans ces disciplines pour préjuger des aptitudes scolaires

 

Écriture et lecture

Coordination motrice, organisation, ordre, gestion de l’espace, sont des difficultés que se partagent enfants intellectuellement précoces et enfants aveugles ; quand on cumule, l’apprentissage est particulièrement difficile.

Écrire à la tablette est un travail très minutieux, laborieux. Même chose pour l’écriture des chiffres à l’aide des cubarithmes, qui demande une grande finesse de manipulation et ne peut pas être rapide. L’écriture à la Perkins réclame une bonne dextérité, comme pour jouer du piano. Lire en braille, même pour un très bon lecteur, est de 4 à 6 fois plus lent que lire en noir. La frustration de la main qui ne suit pas la pensée s’en trouve largement amplifiée !

Enfants intellectuellement précoces et enfants aveugles sont, pour des raisons différentes, beaucoup plus à l’aise à l’oral qu’à l’écrit, mais pour les enfants aveugles, comme la transcription braille/noir est une difficulté, la possibilité de remplacer un travail écrit par un travail oral est d’avantage admise.

Pour les enfants présentant une dyssynchonie intelligence-psychomotricité, on pourrait enviager de modifier l’ordre classique des apprentissages : la Perkins avant la tablette, les cubarithmes comme support de démonstration mais la calculette comme instrument de calcul, le recours aux contrôles sous forme orale, etc...

 

Les mouvements stéréotypés

Si le trop plein d’énergie des enfants intellectuellement précoces n’est pas canalisé, avec l’ennui, ils peuvent l’évacuer physiquement d’une manière qui fait parfois penser à de l’hyperactivité

Pour les enfants aveugles, évacuer l’énergie de façon motrice est plus difficile, les déplacements impliquent une grande concentration et sont le contraire d’un défoulement ; ils privilégient pour se détendre les mouvements sécurisants, comme sauter sur place, se balancer ou tournoyer : des « blindismes », qu’on ne va pas forcément penser à relier à l’ennui.

 

Dyssynchronie intelligence-affectivité

Le plus souvent, en-dessous de l’âge légal, décalage renforcé par une hypersensibilité, due pour partie aux capacités intellectuelles, mais certainement aussi au traitement social : soit en raison d’une attente d’un développement affectif au même niveau de l’intellect, soit en raison d’atteintes répétées de la sphère affective, au nom de la normalisation. Cette moindre maturité affective grève aussi les relations sociales. Ceci n’a rien à voir avec de l’immaturité, source majeure d’incompréhension.

 

L’hypersensibilité

La cécité génère chez l’interlocuteur toute une série de sentiments : pitié, protection, empathie, supériorité, culpabilité…que l’enfant intellectuellement précoce - hyperémotif et intuitif - percevra et qui vont exacerber sa grande fragilité émotionnelle.

Au fort besoin d’affection, à la dépendance affective accrue, il est difficile de trouver une réponse justement mesurée s’agissant d’un enfant aveugle. Eviter la surprotection, mais aussi la dureté (parce que l’enfant handicapé aura une vie plus dure et qu’on doit lui apprendre à être fort, parce que les éducateurs scolaires ou parascolaires sont incités à la froideur pour éviter l’attachement affectif…)

Les enfants intellectuellement précoces, perpétuellement anxieux, peuvent mettre en place des rituels comme soupape à ces angoisses. Chez un enfant aveugle, les rituels peuvent être accentués par le besoin accru de sécurité, et devenir gênants.

 

L’estime de soi

Les enfants intellectuellement précoces ont une grande exigence envers eux-mêmes, l’esprit critique, voire intransigeant, intolérant, et une faculté de jugement qu’ils s’appliquent et qui les amène à élaborer une image d’eux-mêmes dévalorisée. La cécité qui handicape et génère des échecs peut amplifier la mauvaise estime de soi, la propension à se dire nul ou à le penser.

Le sens de la justice, des responsabilités. Le souci philosophique et moral

Avec un handicap, les injustices à subir sont beaucoup plus fréquentes, les responsabilités moindres, 2 composantes auquel les enfants intellectuellement précoces sont particulièrement sensibles.

La conscience rapide et aiguë de la réalité du monde, la lucidité, fait de la cécité un sujet d’inquiétude générateur d’anxiété, mais permet peut-être aussi d’y faire face plus efficacement.

 

Dyssynchronie sociale

Les difficultés d’adaptation sociale sont liées au décalage entre l’enfant et les autres enfants de sa classe d’âge, les activités qui lui sont proposées et l’attitude qu’on a envers lui, tant à l’école qu’en famille.

 

L’inattention

Si on leur interdit d’aller à leur vitesse ou si on ne respecte pas leur mode de fonctionnement, pour se défendre contre l’ennui engendré par la sous-stimulation, les enfants intellectuellement précoces peuvent se montrer distraits, agités, indisciplinés… Ce comportement inadapté en classe, venant d’un enfant aveugle envers qui, par peur des problèmes et de l’inconnu, on est plus exigeant qu’envers d’autres, sera interprété comment ?

 

La conformation

L’envie d’être comme les autres est d’autant plus forte quand on est doublement différent et marginalisé, surtout quand l’entourage est très insistant sur la nécessité que l’enfant handicapé s’intègre au mieux dans la société. Et comme un enfant aveugle ne peut pas feindre d’être voyant, il peut être tenté de se rattraper sur l’autre versant et renoncer à exprimer ses potentialités pour essayer d’avoir des copains. Ce qui peut conduire à l’automutilation intellectuelle (« effet Pygmalion négatif »), et à un véritable sentiment d’abandon, générateur de dépression.

Le besoin de pairs est facile à satisfaire pour un enfant intellectuellement précoce, pas pour un enfant aveugle de surcroît.

 

L’isolement

L’autre option quand on se sent différent est de se réfugier dans la rêverie et l’isolement, de ne pas se mêler aux jeux des camarades qui, de ce fait, vont mettre en place une stratégie de taquineries conduisant, parfois, à de réelles persécutions. C’est un risque accru pour un enfant aveugle, pour qui cette option nécessite moins d’efforts que de se conformer aux autres, et qui par ailleurs est une cible facile pour les moqueries et farces en tout genre.

 

La manipulation

La manipulation, utilisée efficacement par un enfant intellectuellement précoce, peut être encore plus déstabilisante en présence d’un handicap dont il est facile de jouer.

 

Mode d’apprentissage

La plupart des accès au savoir et des apprentissages demandés à l’école se font chez ces enfants de manière inconsciente grâce à leur capacité de logique et d’analyse. Ils ne savent donc pas qu’ils peuvent apprendre : si ce n’est pas évident et instantané, c’est impossible ! Ils ne ressentent la nécessité d’apprendre que lorsqu’ils tombent sur une vraie difficulté. Modalités cognitives et logiques sont différentes, avec surtout un rejet de la répétition et du par cœur.

 

La répétition

Rejet de tout acte répétitif, réfraction à l’entraînement et à l’exercice répété, redites insupportables… Pour un exercice refait, le résultat sera pire la seconde fois

Faute de pouvoir faire observer et d’imiter, la répétition est perçue comme un moyen pratique d’apprentissage aux enfants aveugles, pour les gestes du quotidien comme pour les notions scolaires.

L’enseignement nécessite, afin de créer des mécanismes et permettre une assimilation durable, certaines répétitions ; il faut ruser, trouver différentes voies pour aborder les mêmes notions mais sans lasser, déjouer la résistance à toute approche séquentielle, linéaire, systématique. Or, en braille, il y a très peu de supports innovants et variés ; en créer demande énormément de temps, d’énergie et de motivation.

 

L’organisation de la pensée

Chez les enfants intellectuellement précoces le cerveau droit domine : traitement des tâches global, visuel, analogique, simultané, intuitif… alors que la cécité impose une sollicitation plus grande du cerveau gauche : la lecture en braille est séquentielle, le traitement des informations est auditif et verbal, les tâches demandent à être décomposées dans un ordre logique et rationnel pour être expliquées et comprises.

 

L’hypersensibilité à l’échec

Hypersensibilité à l’échec, refuge dans des attitudes d’évitement et de refus…, l’enfant a du mal à prendre conscience que le succès n’est pas forcément immédiat, que la persévérance et le droit de ne pas réussir sont les clés de l’apprentissage. Ayant toujours absorbé les connaissances sans aucun travail d’élaboration, ignorant comment il fait, comment il a fait, comment il fallait faire… Il en résulte un fonctionnement en tout ou rien : il sait ou il ne sait pas. C’est tout. Souvent il n’accepte d’entreprendre que ce qu’il est sûr de réussir. Or, la cécité multiplie les occasions de se trouver en échec, dans une activité ou par rapport aux autres.

 

Le goût de travailler seul, le non-conformisme

Remettre en cause les méthodes d’enseignement, se dresser contre les préventions sociales, raisonner et argumenter pour s’opposer et refuser les consignes… combinée avec la cécité et le refus de la dépendance, cette attitude rebelle est-elle un obstacle ou un atout pour l’acquisition de l’autonomie ?

 

Le besoin vital de sens en tout domaine

Les méthodes et les manuels classiques d’apprentissages du braille sont rébarbatifs, répétitifs et pauvres de sens, d’un grand ennui. Il est aussi plus difficile de raccrocher des concepts à la réalité sans l’appui du visuel.

 

L’absence de notion d’effort, de travail

Le manque de méthode de travail, le défaut de planification et la lenteur exécutive, les difficultés à gérer le matériel au quotidien, la répugnance à utiliser la mémoire plutôt qu’à faire l’effort de fixation nécessaire, sont d’autant plus handicapants quand l’enfant est aveugle et n’a aucun repère visuel pour retrouver ses affaires et assurer la continuité de son activité.

 

Les activités extrascolaires

Un programme d’activités extrascolaires, composé en fonction des centres d’intérêt et des goûts, peut apporter une aide précieuse dans la recherche de l’équilibre. Pour un enfant aveugle, des activités sportives ou de loisirs bien choisies contribuent à sa « rééducation », et lui permettent d’avoir des copains voyants. Mais son emploi du temps est déjà très chargé. On a tendance à l’en plaindre, à plaider pour lui le droit d’avoir du temps pour rêver, voire pour s’ennuyer, l’ennui étant sensé générer la créativité. Les enfants intellectuellement précoces, en demande permanente, sont source d’épuisement pour leur entourage. Les parents d’un enfant aveugle ont le choix entre plusieurs attitudes : le laisser s’ennuyer en se disant que c’est dû à la cécité, que c’est inéluctable, répondre à ses sollicitations, au risque de se faire reprocher de le surstimuler ou de s’épuiser, rechercher pour lui des activités de loisir, ce qui demande aussi un effort de conviction vis à vis des clubs accueillants.

Certains enfants peuvent avoir plusieurs pôles d’excellence : création et intellect, ou sport et intellect... mais qu’advient-il quand la cécité limite les possibilités ? À part en musique, quelles occasions ont-ils d’exprimer leurs aptitudes ?

 

Sources

Voici les sites d’où sont tirées les bases de réflexions sur les enfants intellectuellement précoces (cliquer sur les liens) :

Sites spécialisés :

  • L’enfant surdoué, de l’identification à la prise en charge association pour la formation professionnelle des médecins généralistes
  • Portail belge sur la précocité
  • Education des enfants intellectuellement précoces

Solutions scolaires :

  • Ecole proposant une filière spécialisée
  • Groupe Académique de Recherche sur la Scolarité des Enfants Précoces
  • Rapport Delaubier sur la scolarisation des élèves intellectuellement précoces, pour le Ministère de l’Education Nationale
  • Annuaire des sites traitant de la précocité intellectuelle :
  • Annuaire Internet

 

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fonte: http://enfant-aveugle.com/spip.php?rubrique34

 

 

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16.Jul.2015
publicado por MJA