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L’Enseignement des Langues aux Adultes Déficients Visuels:Propositions pour une Pédagogie Innovante
Introduction au droit international à l’information Rappelons que l'égalité d'accès à l'éducation est un principe fondamental et que tout apprenant déficient visuel doit pouvoir disposer de matériels adaptés. L'accès à l'information est primordial pour assurer l'intégration sociale et professionnelle des aveugles et des malvoyants. Ce droit à l'information est reconnu au plan international :
L'application concrète du droit à l'information implique de prendre les dispositions suivantes :
Il y a des conditions essentielles pour que les apprenants adultes déficients visuels participent pleinement et efficacement aux cours de langues. Avant de s'inscrire, l'apprenant doit savoir quelles aptitudes sont nécessaires pour utiliser le matériel pédagogique, pour participer aux activités et pour communiquer avec enseignants et camarades de cours. Le développement de ces aptitudes ne rentre pas dans le cadre du cours. Si elles ne sont pas suffisamment développées, une formation préliminaire est nécessaire, mais cela va dépendre de la méthodologie d'enseignement accessible retenue pour le cours. S'il est prévu que des supports pédagogiques en braille soient utilisés, un bon niveau en lecture braille est nécessaire. Si l'apprenant ne le possède pas, il lui est concrètement impossible de développer cette compétence avant le début du cours dans un délai raisonnable. Par ailleurs, avec l'âge, le temps nécessaire pour acquérir cette compétence augmente et la vitesse de lecture maximale qu'on peut obtenir baisse, à des degrés variables selon les individus. Il est préférable dans ce cas de rechercher une méthode d'enseignement audio-orale et/ou assistée par ordinateur plutôt que d'entamer une longue formation au braille dont les résultats sont incertains quant à l'acquisition d'une vitesse de lecture raisonnable. Si le cours est basé sur l'utilisation de documents électroniques accessibles et sur la communication assistée par ordinateur, de bonnes compétences informatiques, y compris la connaissance des technologies adaptées, sont nécessaires. Si tel n'est pas le cas, une formation préalable en informatique est nécessaire, qui, à l'aide des technologies adaptées, peut être accélérée et ne durer que quelques semaines. Cette formation n‟occasionne normalement aucun délai substantiel dans l'apprentissage de la langue. Bien sûr, la participation efficace à des cours de langues peut également être renforcée par une rééducation préalable dans le domaine de la mobilité, des activités journalières et de la communication sociale, ce qui améliorera l'indépendance de la personne déficiente visuelle dans un environnement inconnu et facilitera son intégration au sein d'un groupe de personnes voyantes. Certes, suivre un cours de langues n‟est pas la première activité qu'un adulte qui vient de subir une perte totale ou partielle de la vision va entreprendre. Il est fort probable qu'il aura déjà suivi tout ou partie des activités de rééducation mentionnées ci-dessus avant de S'inscrire. Cela étant, il est fortement recommandé aux apprenants de S'informer à l'avance des exigences et de la méthodologie du cours, et de discuter au préalable de toute formation préliminaire nécessaire avec le responsable du cours et avec les centres de réadaptation pour personnes déficientes visuelles.
Pour que les enseignants soient en mesure de répondre aux besoins spécifiques des apprenants déficients visuels, il faut développer les aptitudes suivantes :
Tous les enseignants non spécialisés sont amenés au cours de leur carrière à travailler avec des adultes déficients visuels. Il faut donc les encourager à entreprendre une formation spécifique à la déficience visuelle qui portera sur les points suivants :
Il existe deux façons de développer une approche d'enseignement spécifique :
Certains apprenants pouvant rencontrer des difficultés à observer quelques règles de communication interpersonnelle, les activités orales à deux doivent être présentées et expliquées de manière très claire afin de les rassurer.
Visuelle (pour apprenants malvoyants) Il est tout à fait possible d'exploiter les images et les photos proposées dans les manuels au lieu de les rejeter de manière systématique. Pour les apprenants atteints de basse vision, il faut toutefois les sélectionner et les adapter selon des critères spécifiques : elles ne doivent pas être surchargées de détails ; les couleurs vives et contrastées sont préférables. Gare aussi à l'utilisation du format A3 pour les personnes malvoyantes : ce format ne permet pas le balayage visuel rapide et le maniement de la feuille est malaisé. Il est préférable d'utiliser le format A4 accompagné d'une mise en page claire et de couleurs contrastées. De plus, les photocopies agrandies en noir et blanc donnent souvent un mauvais rendu. Certains apprenants malvoyants ont donc parfois recours au braille comme complément à leurs perceptions visuelles. En résumé, tous les lecteurs en braille ne sont pas forcément aveugles et les images sont également exploitables en tant qu'outils pédagogiques.
Supports dactylographiés : l'espacement entre les lignes est quelquefois déterminant pour certains lecteurs déficients visuels (1,5 ou double espacement). Pour certains, il sera nécessaire d'utiliser des gros caractères - c'est-à-dire avec une taille de caractère de 14 voire 16 en moyenne, la taille dépendant des besoins visuels de chacun. Les lettres en gras ne sont pas toujours nécessaires. Au bénéfice des étudiants aveugles, une personne voyante peut décrire l'image (à partir de questions spécifiques) ou une description écrite, brève, factuelle et objective peut remplacer le support iconographique.
Des documents peuvent être remis aux apprenants au format .doc, .txt, .rtf ou .html. Le texte doit être saisi clairement dans une police et une taille de caractère adaptées aux besoins de chacun – ce qui représente une préparation rigoureuse. La couleur de police ne doit pas être systématiquement noire : on peut utiliser des couleurs différentes pour différencier menus, listes, etc. Les polices de caractères Arial, Times New Roman et Taoma sont souvent privilégiées par les apprenants. Des couleurs et des tailles variées aideront les lecteurs à s'orienter plus facilement dans la page ; à noter cependant qu'un certain nombre de personnes déficientes visuelles ne discernent pas les couleurs. Toutes les questions se référant au texte doivent être numérotées et, si besoin, séparées par un double interligne.
Enfin, il faut éviter trop de lignes vides dans un texte en braille : en effet, plus d'une ligne vide à la fois ralentit la lecture et ne fait qu'encombrer le document.
Les facultés auditives d'une personne déficiente visuelle ne sont nullement meilleures que celles d'une personne voyante. Cependant, la personne non-voyante est en général habituée à traiter l'information orale avec plus d'efficacité et dans la durée. Cela étant, elle a besoin d'améliorer ses capacités d'écoute et, de ce fait, le matériel ou les sources audio doivent être de bonne qualité et proposer un contenu significatif. Les indices sonores (par exemple des bruits distinctifs) seront des atouts pour l'aider à comprendre les mots inconnus et à développer ses compétences orales, en l'absence de supports visuels. Les tâches de pré-écoute seront nécessaires (utilisation de grilles d'écoute courtes, par exemple). L'utilisation simultanée d'activités d'écoute, de lecture et de prise de notes en braille peut être laborieuse, voire impossible, pour les braillistes peu expérimentés ou les malvoyants qui manquent de vitesse de lecture et d'écriture.
Faire appel au corps, faire des gestes pour communiquer du sens - par exemple, utiliser le mime et les mains pour expliquer les prépositions de lieu. Apprendre en faisant est quelquefois une alternative possible.
Pour les apprenants déficients visuels, les objets réels sont plus parlants que leurs représentations visuelles ou tactiles (même pour les étudiants expérimentés). Cette approche d'enseignement convient tout particulièrement à ceux d'entre eux qui ont un niveau débutant ou élémentaire en langues et sont de surcroît novices en informatique, car elle est facile d'utilisation et nécessite peu ou pas d'adaptation technique. Par ailleurs, les nouvelles technologies ne sont pas toujours disponibles ou accessibles dans toutes les salles de cours. Des approches simples et des outils rudimentaires sont souvent utiles et ont prouvé leur efficacité en début d'apprentissage. Objets divers ou meubles sont souvent disponibles dans la salle de cours et, si ce n‟est pas le cas, l'on peut en apporter et les stocker dans une grande boîte en vue d'un usage répété. Mais on choisira ces objets selon les critères mentionnés ci-après pour répondre à des objectifs pédagogiques précis.
Contenu de la boite à outils :
En outre, la manipulation d'objets ou la référence à l'environnement immédiat permettent de développer l'attention, l'intérêt (aspect ludique) et l'imagination de l'apprenant, même s'il possède un niveau avancé. Enfin, l'enseignant peut enseigner plus facilement et plus longuement dans la langue cible lorsqu'il présente du vocabulaire ou des points grammaticaux nouveaux, et l'attention des apprenants déficients visuels est soutenue dans le temps. Pré-requis :
Maîtrise des équipements et outils adaptés Les enseignants de langue doivent être en mesure d'adapter le matériel pédagogique et la configuration de la salle de cours en fonction des besoins visuels de chacun. Cela veut dire fournir l'information et le matériel pédagogique dans des formats accessibles aux apprenants déficients visuels (gros caractères, braille, dessins tactiles, audio, maquettes, documents électroniques, etc.) l'Union Européenne des Aveugles (EBU) et ses membres nationaux ont produit des “Lignes directrices pour une information accessible” qui recensent les bonnes pratiques en la matière.
Les principes qui suivent sont considérés comme bonnes pratiques globales:
Un bon niveau de lisibilité profite à tous les lecteurs. Les personnes aveugles ou malvoyantes ne sont pas les seules à éprouver des difficultés pour lire des publications mal conçues. Une impression claire et de qualité aidera donc le plus grand nombre et n‟est ni difficile ni onéreuse à produire. - Taille de caractère : EBU recommande d'utiliser une taille de 12 points minimum pour les documents standard. - Couleur et contraste : le contraste entre le fond et le texte est un facteur essentiel pour la lisibilité. Plus le contraste est grand, meilleure est la lisibilité. La taille et la graisse de la police conditionnent le contraste. Une impression noire sur fond blanc procure le meilleur résultat.
- Type de police : éviter l'italique, les polices simulant l'écriture à la main et les polices décoratives. Utiliser si possible une police sans empattement de type Arial
ou Helvetica. Conception globale et mise en page :
Papier: Utiliser du papier de bonne qualité qui ne brille pas et qui ne laisse pas transparaître le texte imprimé au verso.
Clés USB et autres supports Le format électronique, par exemple une clé USB, peut être le moyen préféré d'accès à l'information pour les aveugles et les malvoyants qui ont accès à un ordinateur et qui utilisent une synthèse vocale, une plage braille, un agrandisseur d'écran ou toute autre technologie moderne d'accès à l'information. Les informations doivent être fournies dans un format textuel accessible que tous les modèles de logiciels de texte puissent lire. Les documents fournis sur clé USB doivent être enregistrés sous deux formats, par exemple .doc et .txt ; ainsi, l'on est sûr qu'un aveugle ou un malvoyant pourra les lire. On peut utiliser le format PDF à condition de créer le document en respectant les règles d'accessibilité. Les dictionnaires sur CD-ROM doivent également être accessibles 2. Sites internet
Depuis l'arrivée d'internet, beaucoup de personnes aveugles ou malvoyantes ont la possibilité d'avoir accès, grâce notamment aux dictionnaires en ligne, à des
informations jusque-là inaccessibles à l'aide d'une synthèse vocale ou d'une plage braille. Mais bien des sites sont inaccessibles en raison de la façon dont est
présentée l'information. De même que des synthèses vocales de bonne qualité devraient être disponibles dans toutes les langues de l'UE, tous les sites internet devraient
se conformer aux recommandations 3 de WAI (Web Accessibility Initiative - Initiative pour l'accessibilité de la toile). Formats adaptés Gros caractères Ce terme désigne une impression utilisant une police de taille supérieure à la “normale”. Un minimum de 16 points est requis mais certains aveugles ou malvoyants ne peuvent lire un texte que S'il est imprimé avec une police de 20 points. La majorité de l'information imprimée étant conçue à partir de logiciels de texte, il est tout à fait possible de produire des exemplaires avec une grosseur de caractère répondant aux besoins individuels. L'utilisation des gros caractères doit être la règle pour les documents destinés aux personnes âgées car elles sont susceptibles d'avoir un problème de vue. Des dictionnaires à gros caractères devraient également être accessibles.
Peu nombreuses sont les personnes aveugles ou malvoyantes qui lisent le braille. Pour un nombre important de personnes déficientes visuelles, la cécité ou la malvoyance est survenue à un âge avancé, et il leur est plus difficile de se servir du braille comme moyen d'accès à l'information. Il n‟en reste pas moins un moyen d'accès essentiel. Le braille est une méthode de lecture qui utilise le toucher et le principe de la cellule braille formée de 6 points en relief. Les lettres de l'alphabet, les signes de ponctuation et les principaux groupes de lettres sont représentés grâce aux multiples combinaisons de cette cellule. Toute information ou presque – qu'il s'agisse d'un horaire de bus ou d'une partition musicale - peut être transcrite en braille. Pour une production sur place, il faut posséder un logiciel de transcription braille et une imprimante braille. Le logiciel convertit le texte dans un format qui peut être exporté vers l'embosseuse ou imprimante braille. Mais il existe de nombreuses agences qui offrent un service de transcription braille.
Le format audio est un bon moyen de communiquer. C'est également la solution idéale pour les personnes ayant des difficultés d'apprentissage ou des niveaux d'alphabétisation insuffisants, ou pour ceux qui ont des problèmes avec leurs mains. De simples magnétophones de bureau et des micros suffisent pour une production sur place. Mais il est préférable de faire appel à un service de transcription externe pour un nombre important d'exemplaires, pour des documents longs ou complexes et si l'on veut obtenir une qualité professionnelle avec effets musicaux et autres.
Les livres parlés sont des livres enregistrés sur CD. Bien des livres électroniques sont considérés comme étant des livres parlés. Les livres parlés doivent respecter un standard commercial. Il serait très utile de pouvoir les utiliser avec des matériels spécialement conçus pour les personnes déficientes visuelles, lecteurs DAISY par exemple, outre une utilisation avec des matériels standard.
Beaucoup d'organismes estiment plus commode et rentable de faire appel à un centre de transcription externe. Ils peuvent s'adresser aux organisations nationales de personnes aveugles et malvoyantes pour obtenir tous renseignements sur les centres de transcription braille et audio. FIN
notes:
1 DAISY (Digital Audio-based Information System) est un système de matériel et logiciel informatiques utilisé pour enrégistrer, stocker, transférer et
lire des livres audio. Pour plus d’information : http://www.daisy.org/
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26.Fev.2014 |