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 Sobre a Deficiência Visual

L’Enseignement des Langues aux Adultes Déficients Visuels:

Propositions pour une Pédagogie Innovante

EuroBlind
 

 

Introduction au droit international à l’information

Rappelons que l'égalité d'accès à l'éducation est un principe fondamental et que tout apprenant déficient visuel doit pouvoir disposer de matériels adaptés. L'accès à l'information est primordial pour assurer l'intégration sociale et professionnelle des aveugles et des malvoyants.

Ce droit à l'information est reconnu au plan international :

  • l'Article 19 du Pacte international relatif aux droits civiques et politiques des Nations Unies stipule : “Toute personne a droit à la liberté d'expression; ce droit comprend la liberté de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute espèce, sans considération de frontières, sous une forme orale, écrite, imprimée ou artistique, ou par tout autre moyen de son choix.”
  • l'Article 24 – Éducation – de la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées stipule : “Les États Parties veillent à ce que les personnes handicapées puissent avoir accès, sans discrimination et sur la base de l'égalité avec les autres, à l'enseignement tertiaire général, à la formation professionnelle, à l'enseignement pour adultes et à la formation continue. À cette fin, ils veillent à ce que des aménagements raisonnables soient apportés en faveur des personnes handicapées.”

L'application concrète du droit à l'information implique de prendre les dispositions suivantes :

  • Fournir aux déficients visuels toutes les informations destinées au grand public sur formats adaptés (braille, gros caractères, audio sur documents électroniques accessibles sur clés USB...), sans que cela n‟entraîne délai ou coût supplémentaire. Fournir sur formats adaptés les autres informations, sur demande.
  • Rendre les informations disponibles sur l'internet pleinement accessibles aux aveugles et aux malvoyants.
  • Promouvoir la fourniture de formats adaptés et en diffuser largement l'existence.
  • Inclure dans les budgets de communication le coût de production de formats adaptés.
  • Inviter des représentants des personnes aveugles et malvoyantes à participer aux discussions portant sur la production d'outils de communication, surtout pour les campagnes d'information.



Pré-requis pour une pleine participation des apprenants déficients visuels aux cours de langues:

Il y a des conditions essentielles pour que les apprenants adultes déficients visuels participent pleinement et efficacement aux cours de langues. Avant de s'inscrire, l'apprenant doit savoir quelles aptitudes sont nécessaires pour utiliser le matériel pédagogique, pour participer aux activités et pour communiquer avec enseignants et camarades de cours. Le développement de ces aptitudes ne rentre pas dans le cadre du cours. Si elles ne sont pas suffisamment développées, une formation préliminaire est nécessaire, mais cela va dépendre de la méthodologie d'enseignement accessible retenue pour le cours.

S'il est prévu que des supports pédagogiques en braille soient utilisés, un bon niveau en lecture braille est nécessaire. Si l'apprenant ne le possède pas, il lui est concrètement impossible de développer cette compétence avant le début du cours dans un délai raisonnable. Par ailleurs, avec l'âge, le temps nécessaire pour acquérir cette compétence augmente et la vitesse de lecture maximale qu'on peut obtenir baisse, à des degrés variables selon les individus. Il est préférable dans ce cas de rechercher une méthode d'enseignement audio-orale et/ou assistée par ordinateur plutôt que d'entamer une longue formation au braille dont les résultats sont incertains quant à l'acquisition d'une vitesse de lecture raisonnable.

Si le cours est basé sur l'utilisation de documents électroniques accessibles et sur la communication assistée par ordinateur, de bonnes compétences informatiques, y compris la connaissance des technologies adaptées, sont nécessaires. Si tel n'est pas le cas, une formation préalable en informatique est nécessaire, qui, à l'aide des technologies adaptées, peut être accélérée et ne durer que quelques semaines. Cette formation n‟occasionne normalement aucun délai substantiel dans l'apprentissage de la langue.

Bien sûr, la participation efficace à des cours de langues peut également être renforcée par une rééducation préalable dans le domaine de la mobilité, des activités journalières et de la communication sociale, ce qui améliorera l'indépendance de la personne déficiente visuelle dans un environnement inconnu et facilitera son intégration au sein d'un groupe de personnes voyantes.

Certes, suivre un cours de langues n‟est pas la première activité qu'un adulte qui vient de subir une perte totale ou partielle de la vision va entreprendre. Il est fort probable qu'il aura déjà suivi tout ou partie des activités de rééducation mentionnées ci-dessus avant de S'inscrire. Cela étant, il est fortement recommandé aux apprenants de S'informer à l'avance des exigences et de la méthodologie du cours, et de discuter au préalable de toute formation préliminaire nécessaire avec le responsable du cours et avec les centres de réadaptation pour personnes déficientes visuelles.


Développement de nouvelles aptitudes pour les enseignants de langues

Pour que les enseignants soient en mesure de répondre aux besoins spécifiques des apprenants déficients visuels, il faut développer les aptitudes suivantes :

  • Connaissance du handicap visuel,
  • Approche pédagogique adaptée,
  • Maitrise des outils pédagogiques adaptés,
  • …sans oublier des recommandations pour l'organisation de l'enseignement.


Sensibilisation à la déficience visuelle du personnel des universités et des centres d’enseignement

Tous les enseignants non spécialisés sont amenés au cours de leur carrière à travailler avec des adultes déficients visuels. Il faut donc les encourager à entreprendre une formation spécifique à la déficience visuelle qui portera sur les points suivants :

  • Données et chiffres clés sur la perte de la vision.
  • Implications psychologiques de la perte de la vision ; ceci leur permettra d'avoir la meilleure interaction possible avec l'apprenant.
  • Approche d'enseignement multi-sensorielle (audio, texte, kinesthésique, toucher) : la vue n‟est pas le seul moyen de perception qu'il faille utiliser en classe, même avec des apprenants non handicapés.
  • Information sur les outils et les matériels spécialisés dont se servent les aveugles et les malvoyants pour lire.
  • Information sur les formats adaptés. Quels sont-ils ?
  • Politique organisationnelle pour produire l'information sur formats adaptés.
  • Production de pack d'information et de fiches techniques.
  • Ressources pour conseils et informations complémentaires : organisations de ou pour personnes déficientes visuelles ; centres de ressources éducatives produisant des matériels pédagogiques sur formats accessible (gros caractères, braille, DAISY 1, dessins tactiles, audio, maquettes, etc.)


Développement d'une approche d’enseignement spécifique

Il existe deux façons de développer une approche d'enseignement spécifique :

  • Améliorer les méthodes actuelles par la prise en compte des besoins spécifiques des apprenants déficients visuels,
  • Mettre en oeuvre une nouvelle approche d'enseignement, telle que la méthode Realia.


Il est possible d'améliorer les méthodes actuelles d'enseignement des langues en présentant des suggestions faciles à appliquer dans la pratique quotidienne de l'enseignant, dès lors qu'il a mesuré la particularité de ses obligations d'enseignement face à des apprenants déficients visuels. L'enseignant peut bénéficier des recommandations suivantes :

  • Utilisation du tableau : dire aux apprenants ce qu'il est en train d'écrire au tableau ; épeler à haute voix les mots difficiles ou nouveaux pour que les apprenants aveugles puissent les noter. Veiller à ne pas inscrire trop de mots à la fois, écrire de façon claire et agrandie afin que les apprenants malvoyants puissent le relire sans difficultés.
  • Présentation d’images, de posters, etc. : fournir tout d'abord une description simple, puis rajouter des détails. Utiliser des images aux couleurs contrastées et comportant des gros caractères d'imprimerie pour les apprenants atteints de basse vision.
  • Veiller à toujours utiliser un langage précis lorsque référence est faite aux éléments apparaissant sur l'image, en évitant les expressions telles que “ici”, “là”, “celui-ci” et expressions similaires qui ne permettent pas d'élaborer une représentation mentale claire de l'image.
  • Communication orale : S'adresser aux apprenants par leur nom avant de leur donner la réplique ou de leur demander de faire quelque chose (la prise de parole doit être explicite), fournir davantage de retours d'informations (évaluation).

Certains apprenants pouvant rencontrer des difficultés à observer quelques règles de communication interpersonnelle, les activités orales à deux doivent être présentées et expliquées de manière très claire afin de les rassurer.

  • S’assurer que tous les apprenants déficients visuels l'entendent entrer ou quitter la salle de cours.
  • Utiliser un langage naturel, même lié à la vision – les personnes déficientes visuelles ne s'en formaliseront pas car elles y sont habituées. Prendre cependant garde au verbalisme : il se peut que certains mots ou notions nécessitent plus d'explications pour revêtir toute leur signification (utiliser alors les autres sens pour aider à la représentation mentale).
  • Attribution de places : demander aux apprenants où ils souhaitent S'asseoir, l'endroit variant en fonction de leurs besoins visuels ou techniques (éclairage naturel ; près de la porte pour un accès plus rapide ; près d'une prise de courant s'ils utilisent un ordinateur). Les adultes déficients visuels connaissent généralement leurs limites et leurs potentialités et il ne faut pas hésiter à les interroger sur leurs besoins.
  • Adaptation du matériel : adapter les outils existants pour les rendre accessibles et favoriser une approche multi-sensorielle.


Adaptations:

Visuelle (pour apprenants malvoyants)

Il est tout à fait possible d'exploiter les images et les photos proposées dans les manuels au lieu de les rejeter de manière systématique.

Pour les apprenants atteints de basse vision, il faut toutefois les sélectionner et les adapter selon des critères spécifiques : elles ne doivent pas être surchargées de détails ; les couleurs vives et contrastées sont préférables.

Gare aussi à l'utilisation du format A3 pour les personnes malvoyantes : ce format ne permet pas le balayage visuel rapide et le maniement de la feuille est malaisé. Il est préférable d'utiliser le format A4 accompagné d'une mise en page claire et de couleurs contrastées. De plus, les photocopies agrandies en noir et blanc donnent souvent un mauvais rendu.

Certains apprenants malvoyants ont donc parfois recours au braille comme complément à leurs perceptions visuelles. En résumé, tous les lecteurs en braille ne sont pas forcément aveugles et les images sont également exploitables en tant qu'outils pédagogiques.

Supports dactylographiés : l'espacement entre les lignes est quelquefois déterminant pour certains lecteurs déficients visuels (1,5 ou double espacement). Pour certains, il sera nécessaire d'utiliser des gros caractères - c'est-à-dire avec une taille de caractère de 14 voire 16 en moyenne, la taille dépendant des besoins visuels de chacun. Les lettres en gras ne sont pas toujours nécessaires.

Au bénéfice des étudiants aveugles, une personne voyante peut décrire l'image (à partir de questions spécifiques) ou une description écrite, brève, factuelle et objective peut remplacer le support iconographique.


Textuelle

Des documents peuvent être remis aux apprenants au format .doc, .txt, .rtf ou .html. Le texte doit être saisi clairement dans une police et une taille de caractère adaptées aux besoins de chacun – ce qui représente une préparation rigoureuse. La couleur de police ne doit pas être systématiquement noire : on peut utiliser des couleurs différentes pour différencier menus, listes, etc. Les polices de caractères Arial, Times New Roman et Taoma sont souvent privilégiées par les apprenants. Des couleurs et des tailles variées aideront les lecteurs à s'orienter plus facilement dans la page ; à noter cependant qu'un certain nombre de personnes déficientes visuelles ne discernent pas les couleurs.

Toutes les questions se référant au texte doivent être numérotées et, si besoin, séparées par un double interligne.

  • Vocabulaire : les listes de vocabulaire doivent s'organiser dans l'ordre d'occurrence des mots nouveaux dans le texte ou selon l'ordre alphabétique, leur structure devant dépendre du document dont ils sont extraits (avec ou sans citations ou exemples d'utilisation). Il est plus aisé d'utiliser plusieurs listes courtes qu'une seule, plus longue, et cela permet d'éviter la fatigue oculaire. Pour les utilisateurs du braille, un tiret en début de ligne avant chaque mot nouveau facilite l'apprentissage (chaque nouvelle référence lexicale doit être facilement détectable au toucher pour accélérer le processus d'apprentissage).
  • Exercices : ils doivent de préférence être courts pour les débutants. Si l'exercice consiste à relier des mots à d'autres ou à leur signification, les colonnes sont à remplacer par des listes, l'une utilisant des nombres et l'autre des lettres ; la tâche de l'apprenant en est facilitée. Concernant les exercices à trous, ceux-ci doivent être numérotés pour que l'apprenant les localise à l'aide des nombres – ceci concerne plus particulièrement les utilisateurs du braille, qui ne peuvent pas écrire dans les espaces vides dans un texte déjà embossé en braille.

Enfin, il faut éviter trop de lignes vides dans un texte en braille : en effet, plus d'une ligne vide à la fois ralentit la lecture et ne fait qu'encombrer le document.


Auditive

Les facultés auditives d'une personne déficiente visuelle ne sont nullement meilleures que celles d'une personne voyante. Cependant, la personne non-voyante est en général habituée à traiter l'information orale avec plus d'efficacité et dans la durée. Cela étant, elle a besoin d'améliorer ses capacités d'écoute et, de ce fait, le matériel ou les sources audio doivent être de bonne qualité et proposer un contenu significatif. Les indices sonores (par exemple des bruits distinctifs) seront des atouts pour l'aider à comprendre les mots inconnus et à développer ses compétences orales, en l'absence de supports visuels.

Les tâches de pré-écoute seront nécessaires (utilisation de grilles d'écoute courtes, par exemple).

L'utilisation simultanée d'activités d'écoute, de lecture et de prise de notes en braille peut être laborieuse, voire impossible, pour les braillistes peu expérimentés ou les malvoyants qui manquent de vitesse de lecture et d'écriture.


Kinesthésique

Faire appel au corps, faire des gestes pour communiquer du sens - par exemple, utiliser le mime et les mains pour expliquer les prépositions de lieu. Apprendre en faisant est quelquefois une alternative possible.


Utilisation et manipulation d’objets réels dans l’enseignement des langues : les objets réels (également appelés REALIA) peuvent être utilisés en classe pour améliorer la compréhension par les apprenants d'autres cultures et d'expériences vécues. Leur usage doit rester cependant occasionnel, pour aider à présenter des notions et des points de grammaire de base ou à souffler la réplique lors d'activités orales.


objets réels et REALIA


Les enseignants utilisent souvent les REALIA avec les débutants pour consolider les associations entre les mots et les objets eux-mêmes. Mais ils ont aussi fréquemment recours aux images ou aux flashcards (fiches iconographiques brandies à l'élève) qui offrent plus de choix et gain de temps.

Pour les apprenants déficients visuels, les objets réels sont plus parlants que leurs représentations visuelles ou tactiles (même pour les étudiants expérimentés). Cette approche d'enseignement convient tout particulièrement à ceux d'entre eux qui ont un niveau débutant ou élémentaire en langues et sont de surcroît novices en informatique, car elle est facile d'utilisation et nécessite peu ou pas d'adaptation technique. Par ailleurs, les nouvelles technologies ne sont pas toujours disponibles ou accessibles dans toutes les salles de cours.

Des approches simples et des outils rudimentaires sont souvent utiles et ont prouvé leur efficacité en début d'apprentissage. Objets divers ou meubles sont souvent disponibles dans la salle de cours et, si ce n‟est pas le cas, l'on peut en apporter et les stocker dans une grande boîte en vue d'un usage répété. Mais on choisira ces objets selon les critères mentionnés ci-après pour répondre à des objectifs pédagogiques précis.


Caractéristiques physiques des REALIA :

  • Objets de taille relativement petite et faciles à manipuler
  • Objets familiers, facilement reconnaissables au toucher ou à la vue
  • Objets de couleurs vives (utilisation de leur vision résiduelle par certains apprenants déficients visuels) et de textures d'origine si possible
  • Produisant des sons distinctifs (verre, pièces de monnaie, clés)
  • De tailles et de formes différentes

Contenu de la boite à outils :

  • Clés, pièces de monnaie étrangères, livres, stylos, fruits (en plastique ou en feutre), cartes postales (des petites, des grandes, représentant des personnes ou des endroits connus), verres (en verre ou en plastique), montres, petites boites, enveloppes (blanches et marron), animaux (en peluche ou en plastique), petits habits, etc.
  • Les apprenants se familiariseront rapidement avec ces objets car ceux-ci peuvent servir dans des situations différentes et à des fins pédagogiques variées.


Objectifs pédagogiques :

  • Présenter et pratiquer du vocabulaire et des points grammaticaux de base tout en utilisant la langue cible – il est inutile de traduire au préalable (langage lié au concret)
  • Développer les compétences d'écoute et de communication orale
  • Expliciter des points et des notions grammaticaux liés à l'environnement concret : mots pour exprimer les quantités, nombres, articles, place de l'adjectif, prépositions de lieu
  • Développer des fonctions langagières : donner des ordres, proposer, demander quelque chose, faire des comparaisons, localiser des objets, etc.
  • Développer les compétences de communication (activités orales à deux)

En outre, la manipulation d'objets ou la référence à l'environnement immédiat permettent de développer l'attention, l'intérêt (aspect ludique) et l'imagination de l'apprenant, même s'il possède un niveau avancé.

Enfin, l'enseignant peut enseigner plus facilement et plus longuement dans la langue cible lorsqu'il présente du vocabulaire ou des points grammaticaux nouveaux, et l'attention des apprenants déficients visuels est soutenue dans le temps.

Pré-requis :

  • La manipulation des objets REALIA nécessite un contact physique et des indications verbales spécifiques entre l'enseignant et l'apprenant déficient visuel (remise d'objets de main à main, placement de l'objet devant l'apprenant). Les apprenants aveugles doivent être prévenus à l'avance, verbalement.
  • Certains apprenants peuvent rencontrer des difficultés pour identifier rapidement des objets par le toucher.
  • Il faut laisser un temps de découverte suffisant et prodiguer des encouragements.

 

Maîtrise des équipements et outils adaptés

Les enseignants de langue doivent être en mesure d'adapter le matériel pédagogique et la configuration de la salle de cours en fonction des besoins visuels de chacun. Cela veut dire fournir l'information et le matériel pédagogique dans des formats accessibles aux apprenants déficients visuels (gros caractères, braille, dessins tactiles, audio, maquettes, documents électroniques, etc.) l'Union Européenne des Aveugles (EBU) et ses membres nationaux ont produit des “Lignes directrices pour une information accessible” qui recensent les bonnes pratiques en la matière.


Extrait du Larousse en grands caractères
 

Les principes qui suivent sont considérés comme bonnes pratiques globales:


Information imprimée

Un bon niveau de lisibilité profite à tous les lecteurs. Les personnes aveugles ou malvoyantes ne sont pas les seules à éprouver des difficultés pour lire des publications mal conçues. Une impression claire et de qualité aidera donc le plus grand nombre et n‟est ni difficile ni onéreuse à produire.

- Taille de caractère : EBU recommande d'utiliser une taille de 12 points minimum pour les documents standard.

- Couleur et contraste : le contraste entre le fond et le texte est un facteur essentiel pour la lisibilité. Plus le contraste est grand, meilleure est la lisibilité. La taille et la graisse de la police conditionnent le contraste. Une impression noire sur fond blanc procure le meilleur résultat.

- Type de police : éviter l'italique, les polices simulant l'écriture à la main et les polices décoratives. Utiliser si possible une police sans empattement de type Arial ou Helvetica.
 

Conception globale et mise en page :

  • o Utiliser l'alignement à gauche, laisser un espace égal entre les mots, et un espace généreux entre les paragraphes.
  • o Éviter d'utiliser les majuscules pour tout un paragraphe. Les informations importantes, telles que titres et en-têtes, noms et numéros de téléphone, doivent se détacher du reste du texte et être en gras.

Papier: Utiliser du papier de bonne qualité qui ne brille pas et qui ne laisse pas transparaître le texte imprimé au verso.


Information électronique

Clés USB et autres supports

Le format électronique, par exemple une clé USB, peut être le moyen préféré d'accès à l'information pour les aveugles et les malvoyants qui ont accès à un ordinateur et qui utilisent une synthèse vocale, une plage braille, un agrandisseur d'écran ou toute autre technologie moderne d'accès à l'information. Les informations doivent être fournies dans un format textuel accessible que tous les modèles de logiciels de texte puissent lire. Les documents fournis sur clé USB doivent être enregistrés sous deux formats, par exemple .doc et .txt ; ainsi, l'on est sûr qu'un aveugle ou un malvoyant pourra les lire. On peut utiliser le format PDF à condition de créer le document en respectant les règles d'accessibilité. Les dictionnaires sur CD-ROM doivent également être accessibles 2.

Sites internet

Depuis l'arrivée d'internet, beaucoup de personnes aveugles ou malvoyantes ont la possibilité d'avoir accès, grâce notamment aux dictionnaires en ligne, à des informations jusque-là inaccessibles à l'aide d'une synthèse vocale ou d'une plage braille. Mais bien des sites sont inaccessibles en raison de la façon dont est présentée l'information. De même que des synthèses vocales de bonne qualité devraient être disponibles dans toutes les langues de l'UE, tous les sites internet devraient se conformer aux recommandations 3 de WAI (Web Accessibility Initiative - Initiative pour l'accessibilité de la toile).
 

Formats adaptés

Gros caractères

Ce terme désigne une impression utilisant une police de taille supérieure à la “normale”. Un minimum de 16 points est requis mais certains aveugles ou malvoyants ne peuvent lire un texte que S'il est imprimé avec une police de 20 points.

La majorité de l'information imprimée étant conçue à partir de logiciels de texte, il est tout à fait possible de produire des exemplaires avec une grosseur de caractère répondant aux besoins individuels.

L'utilisation des gros caractères doit être la règle pour les documents destinés aux personnes âgées car elles sont susceptibles d'avoir un problème de vue.

Des dictionnaires à gros caractères devraient également être accessibles.


Braille

Peu nombreuses sont les personnes aveugles ou malvoyantes qui lisent le braille. Pour un nombre important de personnes déficientes visuelles, la cécité ou la malvoyance est survenue à un âge avancé, et il leur est plus difficile de se servir du braille comme moyen d'accès à l'information. Il n‟en reste pas moins un moyen d'accès essentiel. Le braille est une méthode de lecture qui utilise le toucher et le principe de la cellule braille formée de 6 points en relief. Les lettres de l'alphabet, les signes de ponctuation et les principaux groupes de lettres sont représentés grâce aux multiples combinaisons de cette cellule. Toute information ou presque – qu'il s'agisse d'un horaire de bus ou d'une partition musicale - peut être transcrite en braille.

Pour une production sur place, il faut posséder un logiciel de transcription braille et une imprimante braille. Le logiciel convertit le texte dans un format qui peut être exporté vers l'embosseuse ou imprimante braille. Mais il existe de nombreuses agences qui offrent un service de transcription braille.


Audio

Le format audio est un bon moyen de communiquer. C'est également la solution idéale pour les personnes ayant des difficultés d'apprentissage ou des niveaux d'alphabétisation insuffisants, ou pour ceux qui ont des problèmes avec leurs mains.

De simples magnétophones de bureau et des micros suffisent pour une production sur place. Mais il est préférable de faire appel à un service de transcription externe pour un nombre important d'exemplaires, pour des documents longs ou complexes et si l'on veut obtenir une qualité professionnelle avec effets musicaux et autres.


Livres parlés et livres électroniques

Les livres parlés sont des livres enregistrés sur CD. Bien des livres électroniques sont considérés comme étant des livres parlés. Les livres parlés doivent respecter un standard commercial. Il serait très utile de pouvoir les utiliser avec des matériels spécialement conçus pour les personnes déficientes visuelles, lecteurs DAISY par exemple, outre une utilisation avec des matériels standard.


Services de transcription

Beaucoup d'organismes estiment plus commode et rentable de faire appel à un centre de transcription externe. Ils peuvent s'adresser aux organisations nationales de personnes aveugles et malvoyantes pour obtenir tous renseignements sur les centres de transcription braille et audio.

FIN


 

notes:

1  DAISY (Digital Audio-based Information System) est un système de matériel et logiciel informatiques utilisé pour enrégistrer, stocker, transférer et lire des livres audio. Pour plus d’information : http://www.daisy.org/
2.  Malheureusement, les éditeurs de dictionnaires ne rendent pas forcément leurs produits accessibles. Un apprenant déficient visuel doit alors trouver un distributeur qui accepte de lui prêter le dictionnaire pour une période de test avant d’en faire l’acquisition.
3.  Disponibles à l’adresse http://www.w3.org/WAI/guid-tech.html

 

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PROPOSITIONS POUR UNE PEDAGOGIE INNOVANTE DANS L’ENSEIGNEMENT DES LANGUES AUX ADULTES DEFICIENTS VISUELS
in  BONNES PRATIQUES POUR AMELIORER L'APPRENTISSAGE DES LANGUES POUR LES ADULTES DEFICIENTS VISUELS
Union Européenne des Aveugles
Projet »Pédagogie et Apprentissage des Langues pour les Adultes Aveugles et Malvoyants en Europe«


 

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26.Fev.2014
publicado por MJA