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 Sobre a Deficiência Visual


La Mauvaise Vue d'Edgar Degas

SNOF

Retrato de Edgar Degas [1834-1917]
«Aucun art n'est aussi peu spontané que le mien. Ce que je fais est le résultat de la réflexion et de  l'étude des grand maîtres; de l'inspiration, la spontanéité, le tempérament, je ne sais rien...«  Edgar Degas.

 

Edgar Degas (1834 - 1917) souffrait d'une maladie oculaire grave qui le conduisait vers la cécité. Les signes sont devenus importants vers l'année 1870. Nous n'avons pas de certitude sur l'affection qui perturba sa peinture et on ne peut faire que des suppositions.


Début de son affection

Il attribua la mauvaise vue à la période militaire qu'il fit, mais c'est surtout après 1870 qu'il fut gêné par la luminosité et le soleil. On retrouvera donc surtout une peinture d'intérieurs comme la toile "Absinthe" ou bien "Les Danseuses" et très peu d'extérieurs, contrairement à beaucoup d'impressionistes.

Evolution de l'affection

Après le bain, 1890-1895    Après le bain, 1905 (malvoyance)
(gauche) Après le bain, 1890-1895 | (droite) Après le bain, 1905 (malvoyance)


Même lors de son voyage en Louisiane en 1873 il ne sortit pas et se contenta de peindre des portraits, à l'abri de la lumière vive. On visite encore aujourd'hui sa demeure.

Il rencontra sa belle soeur Estelle Musson de Gas avec qui il se lia d'amitié, et qui présentait elle aussi une maladie oculaire qui lui fit perdre la vision de l'oeil gauche à 25 ans et celle de l'oeil droit à 32. Elle devint aveugle.


Madame René de Gas - Edgar Degas, 1873
Madame René de Gas (Estelle Musson) - Edgar Degas, 1873


A son retour il sentit encore plus son handicap et écrivit à son ami Tissot qu'il allait rester dans les rangs des infirmes avant de passer dans les rangs des aveugles.


Aggravation de la maladie

Entre 1880 et 1890 la vision baissa encore et se caractérisa par une impossibilité de voir ce qu'il fixait, il ne percevait que la périphérie de la scène. Ce trou noir devant ces yeux appelé un scotome (du grec skia = ombre) ne fit que s'accentuer. La perte de la vision colorée ne fit qu'aggraver les choses. Ceci expliqua les couleurs violentes qu'il utilisa dans ses peintures tardives.


Duas bailarinas em amarelo e rosa - Edgar Degas, 1910


Il fut soigné par différents ophtalmologistes dont Edmond Landolt qui s'occupa aussi de l'impressioniste américaine Mary Cassatt. L'utilisation de verres sténopéïques (du grec sténos = étroit) n'arrangea pas vraiment les choses et Degas trouva que c'était plutôt une contrainte.On peut voir ces différentes lunettes au musée d'Orsay à Paris. (verres teintés et verres sténopéïques).

A cette époque un ophtalmo célèbre du nom de Liebreich publia en Angleterre et en France un article: “Turner and Mulready - on the effect of certain faults of vision on painting, with especial reference to their works.”

On ne sait trop quelle était l'affection de Degas. Il garda une certaine vision périphérique; en cas de cécité totale de l'oeil droit on aurait assisté à une déviation de l'oeil, ce qui ne se voit pas sur les photographies que l'on possède.

On hésite entre une affection rétinienne et une maladie de la cornée; il y a peu d'éléments qui permettent de préciser cela.

Il s'adapta à sa pathologie et continua de peindre en modifiant son art en fonction de sa vision; cet artiste complet qui étudia la peinture, la sculpture et la photographie nous laisse ainsi de nombreuses oeuvres qui témoignent toujours de la qualité de son art.


Bibliographie (chronologique)

  • Liebreich R: Turner and Mulready - on the effect of certain faults of vision on painting, with especial reference to their works. Notices Proc Royal Inst 6:450-463, 1872.
  • de Weeker L, Landolt E: Traité complet d'ophtalmologie, 4 vols, Delahaye et Lecrosnier, Paris, 1880-1889.
  • Warlomont E: Necrologie, Maurice Perrin, Ann. d'Ocul 102:154-156, 1889.
  • Michel A: Degas et son modèle, Mercure de France 131:632, 1919
  • Blance JE: Propos de Peinture: De David à Degas, E. Paul, Paris, 1919, p. 286.
  • Sickert W: Degas, Burlington Magazine 43:308, 1923.
  • Vollard A: Degas: An Intimate Portrait, Crown, New york, 1937, p. 22.
  • Barazelti S: Souvenirs de Maurice Denis, Beaux-arts 219:D, 1937.
  • Moreau.-Nelaton E: Deux heures avcc Monsieur Degas. In Lemoisne PA (ed): Degas et son Oeuvre, P Braume et CM de Hauke, Paris, 1946, pp. 257-261, n. 218.
  • Guerin M: Degas Letters, Cassirer, Oxford, England, 1947, p. 12.
  • Halevy O: My Friend Degas, Wesleyan University Press, Middletown, Conn., 1964, p. 22.
  • Rcff J: The Notehooks oeFdgar Degas. Oxford Univcrsi~ Prcss, Oxford, England, 1976, p. 127.
  • Reff J: The Notebooks of Edgar Degas, Oxford University Press, Oxford, Engîand, 1976, p. 119, p. 127.
  • Gartner S, Henkind P: Aging and degeneration of the human macula, Br j Ophthalmol 65:23-28, 1981.
  • Kendall R: Degas and the contigency of vision, Burlington Magazine, 130:180-197, 1988.
  • Lanthony P: La malvision d'Edgar Degas, Médecine et hygiène 48:2382-2401, 1990.
  • Wu G, et al: Macular photostress test in diabetic retinopathy and age-related macular degeneration, Arch Ophthalmol 108:1556-1558, 1990.
  • Lanthony P: Degas et la fréquence spatiale, Bull Soc Opht Fr 91:605-611, 1991.
  • Ravin JG: From Von Graefe's clinic to the Ecole des Beaux-Arts. Thc meteoric career of Richard Liebreich, Surv Ophthalmol 37:221-228, 1992.
  • Marmor M.F, Ravin J.G : The eye of the artist, 1997.
  • Lanthony P: Les peintres et les anomalies de la vision, Pour la Science, 247:52-57, mai 1998.
 

Quelques sites web montrant la peinture et la sculpture de Degas:

 

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Nous remercions le Dr Lanthony.

Fonte: http://www.snof.org


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22.Jun.2012
Publicado por MJA